Monastère de Saint-Louis de la Ville

Les Béguines furent instituée en 1260, sous le règne de saint Louis. Leur établissement était situé dans le coin sud-ouest de la nouvelle enceinte construite à l’époque de saint Louis.
En 1310, après le concile de Vienne, elles obtinrent de nouvelles constitutions données par le roi Philippe le Bel.
Au début du XVe siècle, elles se déplacèrent un peu plus haut dans la ville, lorsque Henri V fit construire le Vieux-Palais.
En 1631, le roi Louis XIII, donna cet établissement à une religieuse de l’abbaye de St-Amand, Marie Goblin, à la condition d’y établir l’ordre des Bénédictines. Atteinte par l’âge, elle laissa sa place à Elisabeth Colbert
, religieuse de l’abbaye cistercienne de ST-Saëns.
Grâce à ses puissants appuis, elle fit transférer le prieuré, en 1675, sur la place de la Rougemare, à l’emplacement d’un ancien Jeu de paume.

La vente de l’ancienne implantation lui permit de financer le transfert et l’édification des bâtiments conventuels.
Le monastère avait pris le nom de St-Louis-de-la-Ville pour le distinguer le séminaire de St-Louis (Communauté des vieux-prêtres de Saint-Louis du Val-de-Grâce).
Il reçu en 1742 les bénédictines “Crépines” du couvent St-Hilaire. L’ancienne supérieure, madame Heiss ayant été nommée prieure de St-Louis (voir à Prieuré Hors-le-Pont).
L’église dédiée à la Très-Sainte-Trinité, fut construite grâce à Jacques-Nicolas Colbert ( son frère), coadjuteur et, ensuite, archevêque de Rouen. Le maître d’œuvre en était Charles Chamois, architecte du roi. Elle fut dédicacée en 1683.
La façade de pierre arborait un fronton cintré supporté par des pilastres d’ordre Corinthien ornés de guirlandes de roses et de  grappes de raisin.

Au tympan de la porte d’entrée, deux lettres entrelacées s’y distinguent : S. L. (rappelant le nom de saint Louis), encadrées dans une couronne aux motifs floraux riches et finement sculptés.
Le prieuré fut fermé à la révolution. Sur son emplacement a été construit le nouvel “hôtel de la gendarmerie”. L’église servit un temps, en 1795, de lieu de culte pour les prêtres Insermentés. Depuis, elle a été utilisée comme école communale de quartier et comme magasin du service des eaux.
Elle bénéficia d’une restauration en 1970 puis en 1977. C’est maintenant une salle de spectacle municipale, actuellement utilisée pour des créations théâtrales.

 
Clergé
En 1770, le clergé se composait de 20 personnes :
12 religieuses-professes
8 novices.
2 chapelains et 1 confesseur
En 1723, les revenus de la communauté étaient de 2 500 livres.
 
Mobilier
L'ancien retable avait été déposé au début du XIXe siècle dans la chapelle Saint-Etienne de la Cathédrale.
La chaire actuellement dans l’église St-Eloi proviendrait du mobilier de St-Louis.
 
Vitraux
L’église St-Louis possèdent encore certaines de ses leurs belles grisailles d’origine, de la fin du XVIIe siècle.
 
Localisation


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Bibliographie
Histoire de la ville de Rouen, F. Farin, 3e ed., 1738, t. VI, p. 220-227.
Abrégé de l'histoire ... de la ville de Rouen, Lecoq de Villeray, 1759, p. 404-406.
Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, J. J. Expilly, Tome VI, 1770, p. 453.
Tableau de Rouen,
Machuel, 1777, p. 179.
Description historique des maisons de Rouen,
E. de la Quérière, 1821, p.201-202. T. II, 1841, p. 237.
Notes historiques sur le Musée de peinture de la ville de Rouen, Charles de Beaurepaire, B.C.D.A., 1852-1853, p.434.
Plaque de cuivre du règne de Louis XV (gendarmerie, rue Louis Ricard),
A. Pottier, PV CDA, 1857, p. 77.
Rouen - Les filles de la congrégation Notre-Dame,
J. A. de Lerue, Bull. CDA, 1870-1871, p. 334-336.
Répertoire archéologique du départ. de la S.-Inf.,
Abbé Cochet, 1871, col, 387.
Contrat d'allouement d'apprentis et d'ouvriers maçons,
Ch. de Beaurepaire, Bull. CDA, 1903-1905, p. 208-220.
La chapelle du couvent Saint-Louis,
M. Gadenne, l'Archi. et la Cons dans l'Ouest, 1934, p.86-88.
Tableaux français du XVIIe siècle et italiens des XVIIe et XVIIIe siècles
, Pierre Rosenberg, 1966, p. 39.
Elisabeth Colbert, prieur du prieuré Saint-Louis de Rouen, G. Arundel de Condé, Bull. CDA, 1984-1985, p. 127-130.
Rouen aux 100 clochers
, F. Lemoine et J. Tanguy, 2004, p. 154-155.

© Copyright Jacques Tanguy, février 2013