Bénédictines du Saint-Sacrement
Rue Morant
Ce fut l'une des dernières communautés religieuses fondées à Rouen, au début du dernier quart du XVIIe siècle, sous l’impulsion de Catherine de Bar (1614-1698), Mère Mechtilde du St-Sacrement en religion.
La communauté s'était installée d'abord dans l'ancienne maison des Béguines de la paroisse Saint-Victor. Elles allèrent ensuite, en 1677,  rue des Arsins.
En 1683, elles se fixèrent définitivement dans la rue Morand, sur la paroisse de St-Godard, en une demeure de brique et de pierre,  avec de beaux appartements de style Louis XIII, l’hôtel de Mathan. L’église conventuelle fut achevée en 1689. Elle fut dédiée, sous le vocable de la Conception de la Vierge.
Elle a subit un grave incendie le 18 février 1738. Il fut décidé de la réédifier en 1751.
Marie-Madeleine Corneille (1655-1738), la fille du grand tragédien rouennais Pierre Corneille, Madeleine de la Croix Angélique de la Miséricorde en religion, prononça ses vœux perpétuels en 1718 dans ce monastère.
Le couvent a été supprimé en 1792. En l'an III (1795) La chapelle a été consacré au nouveau culte constitutionnel. Elle a ensuite été convertie en filature. Elle a retrouvé son rôle avec le retour de la congrégation.
Le monastère fut fermée en 1791. les locaux furent convertis pendant quelques années en atelier de filature. C’est là que fut installée la première “pompes à feu” utilisée à Rouen par une usine textile.
L’abbé Cousin (1759-1817), aumônier des religieuses, resta fidèle à la communauté, de 1786 à sa mort.
Parti en Angleterre lors de la proscription en 1792, il en revint, dès 1793, pour ne pas abandonner les religieuses en difficulté. Déguisé en maçon, il les visita dans leurs lieux de détention et de retraite. Il réussit à leur donner la communion. Il cachait le St-Sacrement dans une petite poupée de cire. La relique demeure encore pieusement conservée par les religieuses.
L’église des Bénédictines du St-Sacrement fut alors affectée à quelques prêtres constitutionnels en 1795. L’évêque constitutionnel Gratien vint la consacrer de nouveau au culte à cette occasion.
Pendant le XIXe siècle, l’ancien couvent de la rue Morand avait été transformé en pensionnat pour jeunes filles par des religieuses ursulines d’Elbeuf qui en furent chassées par les lois de 1901 sur les congrégations.
Entre 1906 et 1910, une opération immobilière provoqua la disparition des derniers vestiges. La rue du Donjon et la rue Philippe-Auguste ont été percées à travers les bâtiments.
 
Vitraux
Quatre vitraux provenant de l’église du couvent sont maintenant conservés au Musée national du Moyen-Age à Paris (Musée de Cluny). Il sont datés des environs 1270. Ils ont vraisemblablement appartenu à la chapelle du château royal qui se trouvait à l’emplacement du monastère.
 
Orgues
La chapelle possédait un orgue de tribune.
 
Rue Bourg l'Abbé
En 1802, madame de Roncherolles aida l’abbé Cousin et put acquérir l’ancien monastère des Minimes pour les Bénédictines du St-Sacrement dans la rue Bourg-l’Abbé. C’est l’unique couvent de religieuses contemplatives cloîtrées encore en ville. En 1977, elles ont fêté les 300 ans de leur fondation.
 
Tableaux
Un tableau provenant de l'ancien monastère de Notre-Dame des Anges (Bellefonds) représente Saint Benoît présentant la règle de son ordre.
Un autre tableau représente la première Adoration perpétuelles (XVIIe siècle)

Saint Benoît présentant la règle de son ordre

Anne d'Autriche et les religieuses adorant le Saint-Sacrement

 
Orgues
La chapelle possédait un orgue de tribune en 1677. Il avait été restauré par Jean-Baptiste Martin Lefèbvre en 1772.
L'instrument actuel a été construit par Cavaillé-Coll-Mutin et installé en 1923.
L'église possède aussi un orgue de chœur construit en 1899 par Georges Krischer.
 
Localisation


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Bibliographie
Histoire de la ville de Rouen, F. Farin, 3e ed., 1738, t. VI, p. 443-444.
Abrégé de l'histoire ... de la ville de Rouen, Lecoq de Villeray, 1759, p. 460-461.
Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, J. J. Expilly, Tome VI, 1770, p. 454-455.
Tableau de Rouen,
Machuel, 1777, p. 183.
Description historique des maisons de Rouen,
E. de la Quérière, 1821, p.157. T II, 1841, p. 198-199.
Répertoire archéologique du départ. de la S.-Inf., Abbé Cochet, 1871, col, 387.
le monastère des Bénédictines du Saint-sacrement, Ch. Reneault, 1923.
Monastère des Bénédictines du saint-sacrement
, Bull. CDA, 1964-1965, p. 142.

Catherine de Bar, Documents historiques, 1973
Catherine de bar - Fondation de Rouen,
1977.
Les abbayes de Normandie, Bénédictines du Saint-Sacrement, 1979, p.291-298.
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Orgues de Normandie, Seine-Maritime
, t. II, 1992, p. 125-128.
Rouen Insolite et Secret, J. Tanguy, 2009, p. 120-121.
Visite de la CDA aux bénédictines du Saint-Sacrement, Bull. CDA, 2003, p. 83-85.
Rouen, du passé toujours présent... au passé perdu, Y. Pailhés, 2004, p. 124-125.
Rouen aux 100 clochers
, F. Lemoine et J. Tanguy, 2004, p. 173-174.
Rouen Insolite et Secret, J. Tanguy, T, 3, 2013, p. 24-27.
Eglises et chapelles de Rouen, un patrimoine à (re)découvrir, Ch. Decaën, G. Gohon, AMR, 2017, p.211-214.

Articles du Journal de Rouen
Date Page Titre
23-09-1923  Par ci, par là : Un coin du Vieux-Rouen oublié : Le monastère des Bénédictines du Val-de-Grâce
16-03-1924  Par ci, par là : Le monastère des Bénédictines du Saint-Sacrement à Rouen

© Copyright Jacques Tanguy, février 2013