Gravelines, puis la Visitation, puis les Dominicains
Les Gravelines

En 1644, pendant la guerre de Trente Ans (1635-1648, en France), les Clarisses anglaises de Gravelines s’étaient réfugiées à Rouen. Elle s’étaient installé provisoirement dans le haut de la rue du Grand Maulévrier. Le couvent avait été fondé officiellement en 1652 et s’était installé non loin de son implantation originelle, au 14, rue de Joyeuse, dans une propriété située non loin des remparts de la ville.
Au rattachement de la ville de Gravelines au Royaume de France, en 1659, Anne d’Autriche, régente, les favorisa grandement et facilita leur développement en Normandie.
Le monastère possédait un cloître volontairement dépouillé comme l’exigeait la Règle de sainte Claire.

L’église conventuelle fut édifiée dès leur installation définitive. Elle fut dédiée le 30 août 1667, en l’honneur de Jésus et de Marie, par un évêque irlandais, André Lynch, évêque de Finibort en Hibernie.
L’édifice abritait deux chapelles. L’une sous le vocable de St-Alexis, et l’autre de St-Jean-Baptiste. Elle renfermait la sépulture de Françoise-Catherine Clérel de Rampan, l’épouse du président d’Acquigny (Pierre-Robert Le Roux d’Esneval), enterrée aux Gravelines en 1753.
Les Gravelines étaient réputées de “nationalité anglaise”. Elles ne furent aucunement touchées, tout au moins au début de la période révolutionnaire, par les mesures visant à supprimer les congrégations religieuses. Mais, les menaces de réquisitions se faisant de plus en plus contraignantes et, depuis 1793, considérées comme ressortissantes d’une puissance étrangère ennemie, elles préférèrent quitter la France en 1794. Elles retournèrent en Angleterre. Elles y sont toujours.

 
Clergé
En 1770, le clergé se composait de 38 religieuses-professes.
 
Mobilier
Le musée Départemental des Antiquités possède deux statues en bois doré de saint François d’Assise et de sainte Claire, du XVIIe siècle, provenant de l’église des Gravelines.
 
Tableaux
Le maître-autel possédait un magnifique retable. Le tableau en avait été peint par que l’Italien Giovanni Francesco Romanelli (1610-1662). Il représentait L’Adoration des bergers en présence de saint François d’Assise et de sainte Claire.

Adoration des bergers en présence
de saint François d’Assise et de sainte Claire

 
Visitation Sainte-Marie

Les sœurs de la Visitation purent reprendre leurs activités à Rouen en 1806, mais ne purent récupérer leur ancienne maison. En 1808, l'une d'entre-elles put racheter l'ancien monastère des Gravelines. Elles durent attendre 1812 pour s'y installer.
pendant la première guerre mondiale, l'aile occidentale nouvelle édifiée a été mise à la disposition de l'archevêque pour y installer provisoirement le Grand Séminaire.
En 1944, un bombardement fut fatal à 19 religieuses. Les survivantes fusionnèrent avec leurs sœurs de la rue des Capucins.

 
Les Dominicains

Le couvent des Dominicains du Havre a été partiellement détruit en 1944. L'archevêque leur permit de relever leur fondation à Rouen dans les anciens locaux des Visitandines de la rue de Joyeuse.
En 1971, leurs faible nombre et leurs difficultés financières les contraignirent à vendre à l'Etat. On pensa y installer dans le couvent les service de la D.R.A.C. La nécessité pour l'Etat de faire des économies amena la vente à un promoteur privé qui y construit un ensemble immobilier tout en conservant les bâtiments anciens.

 
Localisation


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Bibliographie
Histoire de la ville de Rouen, F. Farin, 3e ed., 1738, t. VI, p. 423-425.
Description géographique et Historique,..., Toussaint Duplessis, 1740, t II, p.46,...
Abrégé de l'histoire ... de la ville de Rouen,
Lecoq de Villeray, 1759, p. 451-452.
Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, J. J. Expilly, Tome VI, 1770, p. 448.
Tableau de Rouen,
Machuel, 1777, p. 182.
Description historique des maisons de Rouen,
E. de la Quérière, 1821, p.171. T. II, 1841, p. 205.
Exploration de la Normandie - Rouen, Walsh, 1835, p. 494-504.
Bulletin de la Commission Départementale des Antiquités, 1873, p. 53.
Répertoire archéologique du départ. de la S.-Inf.,
Abbé Cochet, 1871, col, 376.
Journal de Rouen, 5 mai 1944, p.2.
Rouen : le couvent des Clarisses dites Gravelines, J. Godefroy, Bull. CDA, 1970-1971, p. 207-211.
La peinture d'inspiration religieuse à Rouen au temps de Pierre Corneille, P. Rosenberg, 1984, p. 84-85
Trois siècles d'histoire religieuse - Le couvent du 24 de la rue de Joyeuse à Rouen,
J. Godefroy.
Le couvent des Dominicains rue de Joyeuse,
J. Petit, Bull. AMR, 1993, p. 68-73.
Rouen aux 100 clochers
, F. Lemoine et J. Tanguy, 2004, p. 160-161.
Eglises et chapelles de Rouen, un patrimoine à (re)découvrir, AMR, 2017, p.21

© Copyright Jacques Tanguy, février 2013